A - LA RIME : REGLES GENERALES
INTRODUCTION :
Dans un premier temps, il est nécessaire de faire une petite mise au point. L'art s'apprend au fil du temps, et les erreurs du passé demeurent dans les oeuvres passées. La recherche de la perfection peut nuire également au premier ressenti qui nous a animé à l'instant où la plume s'est retrouvée entre nos mains. Donc, inutile de montrer du doigt une erreur lorsqu'elle existe : la plupart du temps, elle est déjà comprise ; mais par souci d'authenticité, il aurait été malvenu de modifier pour faire "bien". De plus, si vous voyez une erreur, cela voudra dire que vous avez compris les explications et donc, que nous avançons !
La difficulté de la rime se résume dans cette simple phrase : si l’on veut faire trop bien, on fait mal. Le premier vers vient spontanément, la première strophe aussi parfois. Le don de Dieu nous est tombé dessus ! C'est après que ça se corse... L'idée est là, la suite du poème arrive... Et puis, la première difficulté... On a employé un mot à la fin d’un vers, auquel on cherche une correspondance. Les moins courageux feront appel au dictionnaire des rimes... Attention à son emploi systématique ! Car là, catastrophe ! l’idée principale est cassée ! la rime est « forcée » !
Sur les forums de poésie, combien de fois j’ai vu cette erreur ! Certains à qui j’ai fait la remarque s’en souviendront…
La première démarche constitue à établir un distinguo entre les rimes masculines et les rimes féminines. Retenez ceci : une rime masculine est systématiquement un mot dont la lettre finale n’est pas un « e » muet.
A contrario, la rime féminine est définie par un mot dont la syllabe comprend un « e » muet. Des mots tels que « vie », « noie », « envie » sont pour le poète classique féminines. Des mots comme "jument", "vérité", "société", "douceur" sont en poésie "masculins". La distinction est d'importance, nous le découvrirons dans la fiche consacrée à l'étude de l'alternance des rimes.
L'idée principale des rimes est somme toute logique : ces dernières sont destinées à être écoutées plutôt que lues. Ainsi, certains écueils pourront être évités. On ne peut rimer "couvent" -repaire de nonnes- avec "couvent" -pluriel du verber"couver"-, même s'ils sont orthographiés de façon identique. Cela semble évident, et pourtant...
Aussi, l’art de la rime étant fort complexe, cette étude se fera en deux parties : les rimes riches et suffisantes, ainsi que les notions qui y sont rattachées, et les successions des rimes dans le corps du poème.
Retour au sommaire Les rimes riches et suffisantes
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