LE VERS ALEXANDRIN
Rappel historique : ce vers de douze syllabes est appelé ainsi depuis « Le roman d'Alexandre », chant écrit au XI° siècle par Lambert le Tort et Alexandre de Bernay.
C'est le plus utilisé des vers classiques, car il permet, grâce aux différents accents mobiles et fixes, de donner un rythme différent selon ce qui veut être exprimé. Pour ce vers, l'hémistiche est obligatoire.
Souvenez-vous de ce superbe texte d'Alfred de Vigny...
« LE MONT DES OLIVIERS
Alors il était nuit, et Jésus marchait seul,
Vêtu de blanc ainsi qu'un mort de son linceul ;
Les disciples dormaient au pied de la colline.
Parmi les oliviers, qu'un vent sinistre incline,
Jésus marche à grand pas en frissonnant comme eux ;
Triste jusqu'à la mort, l'œil sombre et ténébreux,
Le front baissé, croisant les deux bras sur sa robe
Comme un voleur de nuit cachant ce qu'il dérobe ;
Connaissant les rochers mieux qu'un sentier uni,
Il s'arrête en un lieu nommé Gethsémani,
Il se courbe, à genoux, le front contre la terre ;
Puis regarde le ciel en appelant : « Mon Père ! »
- Mais le ciel reste noir, et Dieu ne répond pas... »
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