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A SON SOUPIR JE M'AGENOUILLE
Dans le pli du matin je glisse
Vers l'éveil d'un songe battant
Ma muse dort sous le délice
D'un drap d'étoiles et d'étang...
Un demi-sommeil inconstant
Ressent le feu de la gargouille,
Mes lèvres s'ouvrent un instant...
A son soupir je m'agenouille.
Dans l'ombre du midi complice
J'ai caché mon pouls hésitant
Ma muse a compris mon caprice
S'est dévoilée au doux printemps...
Elle somnole souhaitant
Lire ces mots que je gribouille !
Ses lèvres s'ouvrent pour un temps...
A son soupir je m'agenouille.
Sur la rive du soir je lisse
Les mots que seul son rêve entend
Ma muse en connaît la malice
Car ils se disent chuchotants...
Ses yeux se ferment à l'autan
Qui lui susurrent ma bafouille
Ses lèvres s'ouvrent à mitan
A son soupir je m'agenouille.
Muse, je me sais tremblotant
Du baiser me rendant fripouille
Faudrait-il attendre cent ans ?
A son soupir je m'agenouille...
Pierre Brandao
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